UNE HISTOIRE COMMUNE · PLUSIEURS TRANSMISSIONS

Des chemins
pour comprendre.

Écoles et courants de l’aïkido : des repères pour reconnaître les noms, situer les maîtres et regarder les différences.

Ces sept fiches sont une porte d’entrée, pas la liste de toutes les écoles. Elles ne constituent ni un classement ni sept catégories étanches : une lignée peut traverser plusieurs organisations.

Dossier préparé le 25 octobre 2026 · Sources de première main et entretiens cités dans les fiches.

Découvrir les sept fiches ↓

Trois mots pour s’orienter

Organisation
Une structure qui rassemble des dojos, reconnaît des enseignants ou délivre des grades. Elle ne définit pas forcément une façon unique de bouger.

École ou courant
Une manière de transmettre des principes et une méthode. Ces termes s’emploient différemment selon les groupes.

Lignée
Une relation de transmission entre maîtres et élèves. Un enseignant reçoit souvent plusieurs influences au cours de sa vie.

LES PREMIERS REPÈRES

Sept fiches pour commencer

7 fiches

01 · Organisation et diversité de lignées

Aïkikaï

Morihei Ueshiba ; transmission de la famille Ueshiba

La Fondation Aïkikaï soutient la transmission de l’aïkido du fondateur et les activités du Hombu Dojo de Tokyo. Elle reconnaît des organisations dans de nombreux pays. Ce cadre institutionnel ne se confond pas avec une méthode technique uniforme.

Un repère de pratique
La pratique se construit auprès d’enseignants dont les parcours et les sensibilités peuvent différer. Pour comprendre un dojo, le nom du professeur et sa formation sont aussi importants que l’affiliation.

Approfondir et consulter les sources

Que regarder ?

Comparer une même technique chez deux enseignants : entrée, rythme, place d’uke et façon d’expliquer. La diversité ne signifie pas absence de principes communs.

La nuance à garder

Ne pas confondre Aïkikaï, fédération française, dojo et style personnel. Une filiation peut exister à l’intérieur de plusieurs organisations.

Sources pour aller plus loin

Vidéos de maîtres japonais →

02 · École et organisation

Yoshinkan

Gozo Shioda

Gozo Shioda, élève de Morihei Ueshiba, fonde le Yoshinkan en 1955. L’école développe son propre cadre de transmission et un réseau international.

Un repère de pratique
Le programme intensif du siège décrit une progression commençant par les mouvements de base, les caractéristiques techniques et les chutes, avant un répertoire plus large. Cela donne un repère sur sa pédagogie, sans résumer tous les cours à ce programme intensif.

Approfondir et consulter les sources

Que regarder ?

Observer la posture initiale, la précision du placement et la façon dont les bases sont isolées puis reliées à une technique.

La nuance à garder

Une méthode structurée ne se réduit pas à de la rigidité. Les vidéos d’un expert et les exercices destinés aux débutants n’ont pas la même fonction.

Sources pour aller plus loin

Archives vidéo de Gozo Shioda sur le site Yoshinkan →

03 · École et plusieurs organisations

Shodokan / héritage Tomiki

Kenji Tomiki

Kenji Tomiki a élaboré une démarche associant les formes convenues à une pratique plus libre. « Tomiki » désigne une filiation plus large ; « Shodokan » ne doit pas servir de synonyme exact pour toutes les organisations issues de cet héritage.

Un repère de pratique
La fédération Shodokan recommande d’étudier kata et randori ensemble. Elle distingue plusieurs degrés de liberté et de résistance. Des compétitions existent, mais le randori d’entraînement ne se confond pas avec une rencontre compétitive.

Approfondir et consulter les sources

Que regarder ?

Regarder les rôles, la distance, les règles et le niveau de résistance. Une technique réalisée en kata n’est pas le même exercice qu’une application dans un randori.

La nuance à garder

Il existe de l’aïkido avec compétition. Cela ne permet ni de réduire toute cette filiation au sport, ni d’attribuer ses règles aux autres courants.

Sources pour aller plus loin

Aucune vidéo précise n’est attribuée à cette fiche pour le moment. Les sources ci-dessus expliquent la méthode.

04 · École et organisation

Shin Shin Toitsu Aïkido

Koichi Tohei

Koichi Tohei fonde le Shinshin Toitsu Aikido en 1974. La Ki Society présente la coordination du corps et de l’esprit comme son axe pédagogique.

Un repère de pratique
Sa présentation officielle relie posture et état d’esprit, avec des exercices de vérification appelés « Ki tests ». Quatre principes structurent l’étude : garder un point, se relâcher, laisser le poids vers le bas et étendre le ki. Ce sont les formulations de cette école.

Approfondir et consulter les sources

Que regarder ?

Observer comment une consigne d’attention ou de posture change l’exercice, puis comment ce travail est relié à la conduite du partenaire.

La nuance à garder

Le mot « ki » ne décrit pas ici une mesure scientifique d’une énergie invisible. D’autres groupes emploient « Ki Aïkido » : vérifier la filiation et l’organisation plutôt que supposer une affiliation identique.

Sources pour aller plus loin

Aucune vidéo précise n’est attribuée à cette fiche pour le moment. Les sources ci-dessus expliquent la méthode.

05 · Lieu, héritage technique et plusieurs branches

Iwama / héritage Saito

Morihiro Saito ; différentes transmissions dont Hitohira Saito

Iwama est d’abord un lieu associé à la pratique de Morihei Ueshiba. Morihiro Saito y a transmis un enseignement dont se réclament aujourd’hui plusieurs branches. Il ne s’agit donc pas d’une organisation unique portant toutes le même nom.

Un repère de pratique
L’étude des bases et les liens entre mains nues et armes donnent des repères pour découvrir cet héritage. L’Iwama Shinshin Aiki Shurenkai, fondé par Hitohira Saito, constitue une organisation indépendante ; d’autres transmissions se trouvent dans le cadre de l’Aïkikaï.

Approfondir et consulter les sources

Que regarder ?

Comparer une forme de base et sa version en mouvement, puis demander au professeur comment le travail au sabre ou au bâton éclaire le geste à mains nues.

La nuance à garder

Ne pas confondre Iwama, le dojo historique, une appellation technique et l’affiliation administrative d’un groupe.

Sources pour aller plus loin

Vidéos de Morihiro Saito dans la sélection japonaise →

06 · Courant et réseaux de transmission

Kobayashi Hirokazu

Hirokazu Kobayashi ; notamment André Cognard en France

Hirokazu Kobayashi fut un élève direct de Morihei Ueshiba. André Cognard a créé en 1982 l’Académie Autonome d’Aïkido Kobayashi Hirokazu pour transmettre l’enseignement reçu de son maître. La fiche décrit principalement cette transmission.

Un repère de pratique
Dans cette lignée, le meguri occupe une place importante. L’étude peut associer mains nues, armes et aikishintaiso, une pratique corporelle individuelle distincte du travail à deux.

Approfondir et consulter les sources

Que regarder ?

Observer les rotations et la relation entre les mains, les avant-bras et le déplacement du corps. Le ressenti du contact doit être exploré au dojo : une image seule n’explique pas le meguri.

La nuance à garder

Hirokazu Kobayashi et Yasuo Kobayashi sont deux enseignants différents. Ne pas attribuer automatiquement à l’un une vidéo ou une organisation portant seulement le nom « Kobayashi ». Les appréciations de chaque lignée restent celles de ses représentants.

Sources pour aller plus loin

Explorer les vidéos et le filtre Kobayashi & meguri →

07 · Lignée et structure de transmission

André Nocquet / GHAAN

André Nocquet · Groupe Historique Aïkido André Nocquet

André Nocquet (1914–1999), pionnier de l’aïkido en France, étudie au Japon de 1955 à 1957. Au Hombu Dojo, il reçoit l’enseignement de Morihei Ueshiba et de plusieurs instructeurs. Il contribue ensuite à transmettre en Europe les dimensions techniques, humanistes et pacifistes de cet enseignement.

Un repère de pratique
Le GHAAN présente une transmission centrée sur les principes plutôt que sur le seul catalogue technique : posture et respiration, dimension martiale, progression intuitive et éthique. Il accorde une place importante au « kata des cinq principes » et envisage les armes dans le prolongement du travail à mains nues.

Approfondir et consulter les sources

Une transmission qui se poursuit

Fondé en 1988, le GHAAN est une structure autonome au sein de la FFAB. Il rassemble des clubs souhaitant perpétuer la pratique transmise par André Nocquet et organise stages et formation continue.

Que regarder ?

Observer la forme de corps, la respiration, le placement et la continuité du déséquilibre. Demander comment le kata des cinq principes éclaire les techniques et comment les principes se retrouvent dans les exercices aux armes.

La nuance à garder

« Courant Nocquet » désigne ici une filiation pédagogique ; le GHAAN est une organisation qui la transmet. Le groupe revendique un esprit d’ouverture et la richesse des différences : il ne s’agit pas de présenter une forme unique ou de classer les pratiquants.

Sources de cette fiche

Actualités, stages et formations du GHAAN ↗

LES PERSONNES DERRIÈRE LES NOMS

Tamura, Yamaguchi, Tissier : où les situer ?

Ces noms donnent des repères de transmission ; nous ne les ajoutons pas comme trois écoles indépendantes.

Nobuyoshi Tamura

Élève du fondateur au Japon, il a profondément contribué à la transmission de l’aïkido en France. Son influence se poursuit dans de nombreux dojos, notamment à la FFAB.

Biographie · FFAB ↗

Seigo Yamaguchi

Une figure importante de l’enseignement au Hombu Dojo et une influence majeure de Christian Tissier. Parler de lignée Yamaguchi éclaire une transmission sans supposer une organisation unique.

Parcours et filiation · FFAAA ↗

Christian Tissier

Formé notamment auprès de Kisshomaru Ueshiba et de Seigo Yamaguchi durant ses années au Japon, il a ensuite développé une transmission importante en France et à l’international.

Parcours · FFAAA ↗

Comparer sans enfermer la pratique

Une école ne se résume pas à « souple » ou « dure ». Pour comparer, préciser l’enseignant, le niveau des élèves, l’attaque et l’objectif de l’exercice. Un travail de bases, un randori et une démonstration ne répondent pas à la même question.

  1. Retrouver la même technique et la même attaque.
  2. Observer l’entrée, le déséquilibre, le contact et les déplacements.
  3. Écouter les consignes et distinguer le ressenti de ce que montre l’image.
  4. Noter une question à explorer avec son enseignant.
Observer les maîtres japonais →

Petit lexique

Kihon
Les bases ou formes fondamentales de la pratique.
Kata
Une forme convenue, avec des rôles et un déroulement définis.
Randori
Une pratique plus libre ; son sens et ses règles varient selon les écoles. Elle ne signifie pas automatiquement compétition.
Embu
Une démonstration : elle présente un travail sans montrer nécessairement comment on l’apprend.
Buki waza / taijutsu
Travail des armes / travail à mains nues, selon la terminologie du contexte.